L’Express — Chant d’amour sur champ de guerre

Facsimilé — L'Express

Olivier Le Naire, dans L’Express, salue Les moi volatils des guerres perdues sous le titre « Chant d’amour sur champ de guerre ». Le chapô :

Le Libanais Ghassan Fawaz raconte son pays déchiré. Entre fiction et réalité, un récit provocant, ébouriffé, à la toute-puissante saveur orientale.

Et, plus loin, sur la manière de Fawaz :

Paradoxalement, la force de ce livre tient à ses défauts mêmes. Ce sont ces maladresses, ces longueurs, ce débordement de sentiments, ces dérives labyrinthiques entre réel et imaginaire qui lui confèrent sa richesse, sa toute-puissante saveur orientale. Et ce magistral accent de vérité.

L’Express, 1996 · par Olivier Le Naire · sur Les moi volatils des guerres perdues (Seuil, 445 p., 130 F.)

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Les Inrockuptibles — Le manuscrit trouvé à Beyrouth

Facsimilé — Les Inrockuptibles

Sous le titre « Le manuscrit trouvé à Beyrouth », Hadrien Laroche présente, dans Les Inrockuptibles, le premier roman de Ghassan Fawaz :

Un manuscrit fictif laissé par un journaliste juif, Franc, réécrit par un milicien libanais, Farès, et signé en français par Fawaz ; pour dire la complexité de la guerre du Liban.

Les Inrockuptibles, 1996 · par Hadrien Laroche · sur Les moi volatils des guerres perdues (Seuil, 1996)

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Les moi volatils des guerres perdues (Seuil, 1996)

Couverture — Les moi volatils des guerres perdues

Premier roman de Ghassan Fawaz, publié aux Éditions du Seuil en 1996. Une fresque dense et picaresque, marquée par les guerres civiles libanaises et l’exil.

Présentation (Éditions du Seuil)

Un village au Liban, en 1972. Les yeux fixés sur une frontière mythique, des hommes regardent scintiller les lumières d’en face. Avec espoir, avec curiosité, ils attendent la guerre.

L’un d’eux, Farés, se retrouve projeté à Beyrouth, au milieu d’une autre guerre, civile celle-là. De toutes les guerres, c’est elle qui libère le plus totalement les moi, laminant les causes, pulvérisant l’État, les lois, la morale, la famille.

Et c’est chacun sa cause, sa petite guerre personnelle, où l’on est à soi-même son propre général, sa propre troupe, sa propre raison d’exister. Les sentiments vivent une vie indépendante. La religion explose en sectes fanatiques. Le sexe pousse comme une fleur sauvage dans cette tourbe. Avec ça, d’étonnantes beautés dans le macabre, comme seuls l’absence de frein et un sens inconnu du goût de vivre peuvent en produire.

Sous le ciel dentelé de balles traçantes, les personnages colorés au feu se parent d’une intensité réelle : Farés, Hassan le franc-tireur, Franc le reporter, Beyrouth, Nadine, Milanie, Alicco Soda, Abou Machin… mais aussi Toufic le Phalangiste, Abou Taha le patriarche tribal, la camarade Natacha « sœur des hommes », Solange la mouche, l’ex-ministre Bchara…

De fait, ne sont-ils pas sortis de la plume d’un professeur que la guerre rendait fou et, plus tard, de la machine d’un journaliste français qui « collait » à son sujet au point d’en devenir un personnage ?

Comme l’Allemagne d’Ernst von Salomon ou le Mexique de Malcolm Lowry, ce Liban-là est à la fois réel et imaginaire, accoucheur d’Histoire et de fictions.

Le français qu’on y entend, métissé, bousculé jusque dans sa syntaxe, se plie à tous les rythmes d’un Orient littéraire.

Page auteur — Éditions du Seuil · Notice Babelio