L’œuvre ou l’écrivain ?

La réplique hâtive des Goncourt au dilemme de l’IA.

« Il s’agit d’envoyer un message clair » pour « affirmer que nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA » proclama l’académie Goncourt à l’appui du retrait du roman de Thélyson Orélien de sa sélection. Une décision « dictée par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt et celle de l’académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes ».

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Le Hezbollah et l’iranisation de la communauté chiite du Liban

« Aberration », « suicide », les qualificatifs ne manquèrent pas à propos de l’entrée en guerre du Hezbollah le 26 mars dernier. Cette aventure de trop était apparu de nature à apporter sa fin, voire à entraîner l’écroulement radical de la communauté chiite. L’effondrement d’un ensemble humain (État, groupe social ou parti politique) est sujet familier des sociologues et des historiens : une typologie causale a été établie, distinguant causes objectives et subjectives, internes et externes. Cette langue de terre baptisée sur le tard Liban fut plus que tout autre exposée aux interventions externes : l’évocation des invasions successives constitue l’essentiel de l’affligeant manuel scolaire Tarikh biladi ; jusqu’au vingtième siècle où, comble de malchance, le nouvel État à peine érigé se retrouva dans le voisinage géographique (et donc politique et militaire) d’une « nation juive » sacralisée par la mauvaise conscience occidentale (avions et bombes à l’appui). Les causes internes d’effondrement n’étaient pas en reste : une texture géographique propice à abriter des groupements humains divergents constituait un avantage, qui se révéla sur le long terme néfaste ; plusieurs communautés se proclamant de fois divines différentes ont pu trouver là un terrain pour leur existence en tant que groupes fermés, mais aussi pour leurs conflits, n’hésitant pas à nouer des alliances extérieures afin de prévaloir sur leurs voisins, ce qui les portait in fine à se soumettre à leurs souteneurs. Et la malice de l’Histoire enferma ce mélange détonant dans un ensemble étatique commun, multiplicateur des conflits… et des appuis : l’allié occidental d’abord, favorable aux communautés chrétiennes, notamment la maronite, l’allié arabe puis palestinien ensuite, favorables aux communautés musulmanes, notamment la sunnite, pour arriver là où nous sommes, l’allié iranien favorable à la communauté chiite. A chaque fois on a connu des conflits guerriers. Une différence toutefois. Si les composantes libanaises et leurs alliés non libanais étaient assez bien délimités au sein des alliances chrétiens-Occident et musulmans-Palestiniens, l’alliance chiites-Iran est singulièrement porteuse d’une confusion à même de tromper : l’occupant physique qui relève de l’allié iranien n’est pas extérieur ; une légion militaire iranienne occupe le pays oui, mais prélevée sur une communauté confessionnelle libanaise au profit d’un objectif iranien.

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Vingt points pour délimiter la situation libanaise

1 – « Les affaires importantes des petits États relèvent foncièrement de la politique étrangère »… La formule se vérifie bien moins pour la Suisse, que pour le Liban. Si la dissemblance des deux pays découle forcément de leur situation géopolitique, elle découle plus encore de leur structure interne, pourtant communautaire dans les deux cas. Les communautés constituant la Suisse ont intégré leurs intérêts propres à ceux de leur État, quand les communautés libanaises se répartissent l’État (qu’elles minent) pour affirmer leurs intérêts… L’ingérence des puissances extérieures s’articule sur les contradictions communautaires, principalement : la France puis les États-Unis sur le plan international ; l’Égypte nassérienne et la Résistance Palestinienne, puis la Syrie assadiste et enfin l’Iran sur le plan régional –l’immixtion israélienne agissant de façon plutôt réactive et principalement militaire

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La déliquescence de la culture française, crise mondialisée d’un concept

Il aura suffi d’un article assez superficiel du Time paru en 2008 pour secouer l’arbre de la suffisance culturelle française. Le magazine américain tire un effet de relief en admirant l’arbre feuillu qui était là encore il y a quelques décennies. Faut-il qu’il soit devenu malingre pour lâcher juste quelques feuilles ratatinées en guise de répliques, limitées curieusement à la branche littéraire de la prose, quand l’article balayait globalement le monde de l’art, des lettres et des sciences humaines. Faut-il voir chez les autres branches quelque acquiescement résigné ?

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Le Magazine Littéraire — Dans la tourmente du Liban

Facsimilé — Le Magazine Littéraire

Nadine Sautel, dans Le Magazine Littéraire, revient rétrospectivement sur l’œuvre romanesque de Ghassan Fawaz — « Dans la tourmente du Liban ». L’article s’ouvre ainsi :

On pense à un poème, à un film qui vous colle à l’écran, à une spirale infernale. Pas d’espace de jeu dans cette écriture parlée qui prolifère comme une sculpture en fusion, pétrissant le français dans le moule d’une syntaxe arabe très littéraire, pulvérisée par une décharge d’images.

Le Magazine Littéraire, 9 février 2012 · par Nadine Sautel · sur l’œuvre romanesque de Ghassan Fawaz

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Aux vertiges de l’être

Facsimilé — La Libre Belgique

Geneviève Simon lit, dans La Libre Belgique, Sous le ciel d’Occident — « Aux vertiges de l’être ». Le chapô :

« Sous le ciel d’Occident », Ghassan Fawaz campe deux Libanais expatriés se perdant en eux-mêmes.

Et cette formule, plus loin, sur le sort des deux amis :

Abandonnés, ils tournent en rond et buttent contre les murs infranchissables de leur identité. Mais ils s’obstinent, jusqu’au suicide pour Mehmed, jusqu’à la déraison pour Untel.

La Libre Belgique, 1998 · par Geneviève Simon · sur Sous le ciel d’Occident (Seuil, 475 p., 952 F.)

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Le Nouvel Observateur — Exil, amour et désespoir

Facsimilé — Le Nouvel Observateur

Tahar Ben Jelloun, dans Le Nouvel Observateur, consacre à Sous le ciel d’Occident un article intitulé « Le chef-d’œuvre de Ghassan Fawaz ». Le chapô :

Dans Sous le ciel d’Occident, deux Libanais découvrent Paris, une ville sans bombes mais aussi sans utopie. Au risque de se perdre dans le désert occidental.

Ben Jelloun s’arrête notamment sur un passage-cœur du livre, où le narrateur Untel questionne les Libanais installés à Paris :

Comment tu les trouves ces gens de chez nous installés à Paris ; ces… francisés ? Pas comme des singes ? C’est pour ne pas leur ressembler. Pour pouvoir continuer à les mépriser.

Le Nouvel Observateur, 1998 · par Tahar Ben Jelloun · sur Sous le ciel d’Occident (Seuil, 475 p., 952 F.)

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Le Monde — La guerre d’amour

Facsimilé — Le Monde

Pierre Lepape, dans Le Monde du 4 octobre 1998, consacre un long article à Sous le ciel d’Occident. Le chapô de l’article :

Deux hommes qui s’affrontent jusqu’à la dérision pour une femme, une guerrière insaisissable et redoutable. Trois Libanais en rupture de patrie, qui transportent leurs combats « sous le soleil de l’Occident ». Entre raison et passion, lucidité et folie, Ghassan Fawaz saisit avec force l’impossible après-guerre.

Le Monde, 4 octobre 1998 · par Pierre Lepape · sur Sous le ciel d’Occident (Seuil, 476 p., 140 F.)

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Le Devoir — Des balles et des mots

Facsimilé — Le Devoir

Naïm Kattan, dans Le Devoir, consacre une pleine page à Les moi volatils des guerres perdues — « Des balles et des mots ». Il ouvre ainsi son article :

La lecture de ce livre est un coup de cœur.

Puis, en manière de synthèse, dans le corps du texte :

Un chaos tellement envahissant que seule la parole de l’écrivain nous permet de garder la raison.

Le Devoir (Montréal), 5 janvier 1997 · par Naïm Kattan · sur Les moi volatils des guerres perdues (Seuil, 1996, 445 p.)

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